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J’aime bien les sites destinés aux adolescents. Ils sont remplis de romans photos, rubriques sexos et conseils de séduction aussi crédibles qu’efficaces. Tout ça généralement écrit par des adultes qui essaient de s’adapter à cette nouvelle génération en leur proposant de parler pénétration dès 13 ans, en parsemant leur texte d’odieux swag/rageux/dalleux et autres termes que les jeunes eux-mêmes vont commencer à mépriser.

Allez, histoire qu’on rigole un peu.

Déjà, je n’arrive pas à mettre de tampon, malgré de nombreux essais (je me pose tjrs LA question : j’ai un trou oui, mais où est-il)

"Aide moi Docteur Kikoosexo, au lycée tout le monde sauf moi a trouvé mon trou"

C’est précisément cette phrase qui m’a donnée envie d’en savoir plus et d’aller m’imprégner de quelques sites incroyables. Comme si l’acné, la voix qui mue et les hormones qui s’échauffent ne suffisaient pas à pourrir la vie des jeunes ; il faut aussi qu’ils y soient complètement désintellectualisés.

Parle à ton pouce. Dis-lui : « Mon pauvre pouce, je t’agresse, et j’aimerais te laisser tranquille. Je vais tout faire pour prendre soin de toi. Fais moi penser à te laisser à l’air libre ! »

Allez vole petit doigt, je te rends ta liberté ! Parce qu’internet est trop poli pour te dire que sucer son pouce à 17 ans, ça évoque le retard mental et qu’à un moment, il sera temps d’aller consulter. A la place, le site te propose de dialoguer (oui oui) avec tes mains pour négocier un sevrage progressif et affectueux.

Franchement, si ça c’est pas du coaching intelligent.

Les spécialistes de l’adolescence ont cependant bien compris une chose.  Hormis l’incroyable poussée des premiers poils, les jeunes ont une autre grande préoccupation : la séduction ou plutôt les maladroites tentatives d’entrer en contact visuel et/ou physique avec un pair.  D’où ma question :

Comment draguer quand on a 15 ans ?

Lieu privilégié de tous les ébats,  ta classe :

Montre que tu connais plein de people dans la classe, en parlant avec un maximum de gens.

Ah oui. J’ai oublié de préciser que les rédacteurs cherchent absolument à américaniser les établissements scolaires. Ainsi, tu entendras parler de “people”, d’élèves populaires (limite quaterback et cheerleader), de fête de lycée et même pourquoi pas du bal de promo. Là pour le coup, le conseil est franchement crétin. Tu connais évidemment tous les gens de ta classe, parce que justement tu vois, ils sont dans ta classe.

Un sourire quasi permanent (limite tu fais face à un(e) débile) est un signe assez probant.

Probant d’une déficience intellectuelle évidente ? Passer pour un demeuré n’a jamais séduit personne.

Évidemment s’il est du genre rebelle, mieux vaut te la jouer “à part”, voire zarbi, et prendre un air mystérieux

Le mot “rebelle” est aussi à prendre à l’américaine. Ici, pas de wesh à casquette-capuche et langage primitif qui va tenter de piquer le gouter des plus vulnérables. “Rebelle” signifie ténébreux ; le genre de type pas vraiment gothique, pas vraiment anarchiste, qui passe pour l’artiste torturé au passé trouble et à la consommation de substance assez facile. Un personnage de sitcom quoi. Dans la vie réelle, prendre un air mystérieux et s’isoler, ça sent le trouble autistique.

Pas rebelle et mystérieux comme ça hein.

Attention à ne pas avoir les cheveux gras, les ongles sales. (… )Le sourire dents jaunes et haleine pas fraiche, c’est hyper repoussant.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, si tu oublies de te laver et que tu pues, tu risques de bousiller ton capital séduction. Car oui, étonne toi, il vaut mieux être beau, propre, et intelligent que laid, dégueulasse, et idiot.

Essaye d’avoir un premier contact. Dans la queue de la cantine, accroche toi à son bras

Non, franchement, évite.

Plans B

A défaut de pouvoir offrir des conseils constructifs aux adolescents, les sites spécialisés ont au moins l’avantage de leur exposer des idées saines :

"Coucou jeune fille, surtout suis bien les conseils qui suivent, je t'attends !"

Fais imprimer un T-shirt avec ton prénom, ton n° de téléphone, un message du type “j’emballe tout ce qui bouge” et tu vas chez Auchan un samedi après-midi.

Ta maman sera très fière de toi. Surtout quand tu iras te promener au supermarché en vendant ton corps de manière aussi subtile au rayon yahourt et que vous serez harcelés pendant des mois d’appels bien intentionnés. Tu peux aussi écrire ton numéro sur le mur des chiottes publiques tout en précisant que tu es mineur(e), et hop, tu auras des tas d’hommes à tes pieds. (enfin les pieds…)

Chope un chien sympa ou le bébé de ta soeur et va dans un parc un mercredi après-midi… t’as plus qu’à te baisser y’a des nounous partout ! Si t’es une fille tu peux aussi aller dans un parc où des gars aiment bien faire du sport pour zieuter ces messieurs en plein effort.

Après le racolage, le kidnapping douteux. Les nounous sont toutes évidemment jeunes et belles, (ça fait longtemps que le rédacteur n’a pas mis les pieds dans un square) et adoreront se faire draguer par un ado qui se trimballe un chien ou un bébé qui n’est pas le sien. C’est aussi peu louche que la fille qui passe des heures à fixer des inconnus en pleine action.

Prépare une crèpes Party, une soirée dansante ou une soirée pyjama entre meuf avec vernis à ongles, pizza et films d’amour pour kiffer toute la night :) Popularité assurée !

Les mags pour adolescentes ne contribuent évidemment jamais à l’existence des stéréotypes misogynes. Sinon ils auraient remplacés “pizza” par yahourt 0% et pot de glace devant la tv. Mais là, ça va, je me sens valorisée dans l’intellectualisation de ma féminité

Les Pyjamas party non plus c'est plus ce que c'était

Les rubriques les plus intéressantes (outre les romans-photos du site de Girls bien sûr) sont bien évidemment les questions/reponses sexo. J’ai repéré quelques répliques mémorables, dignes des bas-fonds de Doctissimo. Aujourd’hui, seulement quelques perles de conseils en séduction, chaque chose en son temps.

Valentine history X

Aah, le 14 février, ses roses flamboyantes, ses boites de chocolats en forme de cœur,  ses diners romantiques et ses petites gâteries sous la ceinture. Tant de codes sociaux et d’obligations amoureuses qui nous pourrissent le mois de février et font passer les célibataires pour des parias. Il est habituel de lire les traditionnels articles de détracteurs qui crachent sur l’aspect “commercial” de l’évènement, sur les clichés qu’il véhicule ou sur le manque d’originalité des festivités. Je leur laisse donc le plaisir de le faire avec style et écœurement, ils y seront meilleurs que moi.
Donc avant de dégueuler des fleurs et des ours en peluche, j’ai envie de comprendre comment on en est arrivé là.

En route Cupidon !

Comme beaucoup de saints, Valentin est un religieux qui aurait effectué des tas bonnes actions en défiant la plupart des lois scientifiques existantes.
Dans la Rome antique où il ne faisait pas bon de contrarier les empereurs, Valentin décide de marier des couples de jeunes croyants contre l’avis de Claude II. En effet, ce dernier, pas très branché cathotrucs et cérémonies bidons avait avancé l’idée que les hommes étaient nettement moins efficaces au combat lorsqu’ils avaient une petite famille.  Dans le fond, il avait pas franchement tort, on peut pas dire qu’un soldat soit au top de sa productivité quand il doit quitter l’entrainement à 18:00 pétante pour diner avec bobonne.
Bref, Val (je me suis dit qu’en lui donnant un petit surnom intime il aura l’air moins concon) est arrêté et jugé, ça lui apprendra tiens.  Pendant son procès, il raconte devant l’empereur que le polythéisme romain est absurde et ridicule, que franchement c’est trop la honte d’adorer des dieux qui s’appellent Mercure ou Jupiter, que la seule et unique religion crédible est le catholicisme. En gros il annonce qu’il a convertit plein de gens en douce parce que la mythologie romaine est pleine de pêchés et de luxure.  Claude, bizarrement se sent un peu insulté et le condamne à mort.

"Il est susceptible ce Claudius quand même"

Pendant qu’il est emprisonné en attendant qu’on se débarrasse enfin de lui, Val, pour passer le temps, décide de faire un miracle. Il s’amourache de la fille aveugle de son geôlier et lui rend la vue pouf, comme ça. L’histoire ne raconte pas tout ce qu’il lui a fait dans un sombre coin de cellule pour qu’elle soit suffisamment traumatisée au point de déclencher le second placébo le plus efficace de toute l’histoire des croyants mythomanes (juste après “lève toi et marche”). Il parait qu’il lui offre aussi un bouquet avec un petit mot du genre “de ton valentin” dedans.
Personne ne se demande où il a eu le temps de cueillir des fleurs pendant son incarcération, ni comment une fille qui a été aveugle toute sa vie a appris à lire. Autres miracles, sans doute.
Bref, il demande aux simples d’esprits convaincus par ses dons de guérisseurs de convertir un max de monde avant d’être tabassé et décapité.

"Allez viens là que je te rende la vue"

Voilà, il fut canonisé pour l’ensemble de son œuvre plusieurs siècles après sa mort qui eu lieu, oh hasard, le 14 février 268. En gros, mardi prochain, vous allez célébrer le décès d’un illuminé qui s’est fait exécuter pour avoir converti et marié des jeunes fougueux pressés de consommer leur union. Valentin signifie d’ailleurs “santé et vigueur“, ce qui pourrait être aussi bien le slogan d’une marque de viagra que le titre d’un mauvais porno médical.

"Avec Val, tous à cheval !"

Dans le même élan, on a remplacé la Lupercalia (fête païenne de la fertilité, protégeant les femmes et le mariage en l’honneur de Junon et Lupercus) par la Saint Valentin, nettement moins hérétique mais un peu plus saine. En effet, la Lupercalia, concrètement, c’était un lâcher de nanas courant dans les rues pour échapper à des hommes à moitié à poils cherchant à leur filer des coups de ceinture pour assurer leur fécondité. On savait rigoler à l’époque !

Il faudra attendre le moyen-âge pour qu’on associe Val à la fête des amoureux, période de l’année où les jeunes tiraient au sort le nom de leur cavalier pour flirter avec (ça permettait de caser les moches). Pour la suite, on devine les déformations mi-folkloriques, mi-religieuses à travers l’histoire démocratisant officiellement le lien écœurant entre les couples et le 14 février.

Je n’ai pas trouvé de justification historique expliquant pourquoi on offre des boites de chocolats dégueus, fourrés à l’alcool ou au pralin-fudge ; cependant il est bien connu qu’on se tape plus facilement une femme après l’avoir gavée de sucreries.

Oh des chocolats ! Merci chéri !.. bah.. t'es déjà tout nu ?

Au passage, Val n’est pas que le patron des amoureux, mais aussi celui des épileptiques et des lépreux. C’est nettement moins glamour hein.

Liens : [1] [2] [3]

Après un reportage expliquant à quel point certaines blogueuses spécialisées font fortune, j’ai décidé de me lancer dans le blog mode pour m’enrichir très vite et devenir maître du monde. Je me suis rapidement heurtée à bon nombre de difficultés, et notamment à tout ce qui stéréotype un blog mode :

- L’intérêt pour la mode

De manière générale, les défilés éveillent en moi autant d’intérêt que les performances du champion du monde de cri du cochon. Voir des jeunes femmes taillées comme des porte-manteaux afficher des tenues totalement absurdes et généralement invendables, ça m’excite pas des masses. Alors forcément, quand il faut afficher son amour des fringues dans un blog qui leur est entièrement dédié, j’ai un peu du mal. Ceci dit, si ça rapporte, je veux bien essayer. J’ai déjà commencé à m’intéresser au sujet en m’enfilant de longues minutes de vidéos où des mannequins se pètent les chevilles en tombant. C’est un début.

C'est clair, la haute couture c'est vraiment réservé à l'élite.

- Le surinvestissement de l’image de soi

Ou, pour faire plus simple : se prendre en photo, tout le temps.  Les blogueuses modes sont généralement accompagnées d’un acolyte qui semble plongé dans une éternelle friendzone et qui les suit partout pour les mettre en scène. Les décors sont toujours plus ou moins les mêmes. Des petites rues, des forêts, bref des endroits avec soit des pavés, soit des plantes. (ou un retardateur et le mur de leur chambre pour les blogueuses de type “marque repère”.)

Évidemment, prendre des photos de soi-même dans différentes tenues quatre fois par semaine, ça prend du temps. Mais la blogueuse mode n’a apparemment pas vraiment besoin de travailler, ce qui expliquerait aussi la prolifération permanente de fringues inabordables.  Il faut ensuite compter les heures qu’il faut passer à ajouter des filtres de couleurs sur chaque image avec photoshop pour se donner un air pastel, mélancolique et babydoll à la fois. (et gommer ses boutons ou sa cellulite, parce que la blogueuse mode a forcément un corps et un visage de rêve).

- Le surinvestissement de ses pieds

Quand l’objet de notre passion se décline entre autre sous la forme de chaussures, il est évident que cela doit passer par quelques bonnes centaines de clichés de pieds. Il faut prendre ses pompes en photos, en plongée, en serrant les pointes et les genoux comme les lolitas japonaises de 14 ans. Ou bien en plan large pour montrer à quel point les talons ça galbe les jambes et maintient l’illusion. Car oui, la blogueuse mode privilégie les chaussures de 18cm de hauteur et nous font même croire qu’elles les portent au quotidien.

Ceci n’a bien évidemment rien à voir avec un quelconque fétichisme.

Non, je déconne.

Chaussures Mouroutin, 578€. Escarpins simples pour tous les jours.

- Être branchée

Cela va de soi, la blogueuse mode est à la mode ou du moins, elle ressemble le plus possible à toutes les nanas dans les magazines. Enfin, dans ce genre de revue qui alterne une page de pub, une page de pub et qui parfois, entre deux échantillons de parfum,  glisse deux trois bons plans shopping à moins de 600 euros le petit top “trop mignon”.

Elle a donc si possible une frange, de grosses lunettes à monture en plastique, des pulls trop grands, rayés, et un sac trop cher qu’elle tient avec une fausse négligence dans le creux de son coude. Le vernis coloré et impec aussi bien aux mains qu’aux orteils, et le talon prêt à dégainer.

Evidemment n’ayant absolument rempli aucun critère ci-dessus, j’ai échoué une fois de plus dans mon blog mode.

- … sur tous les plans

Pour être une modeuse idéale, il faut s’aligner avec toutes les sortes de tendances du moment. Vénérer les chatons (et les vidéos où ils sont trop mignons hihihi), les cupcakes (mais sans les manger, tu dois rester bonnasse), voir la bouffe en général (surtout mise en scène avec des jolies photos et des filtres instagram), les groupes électro-pop-rock-pseudos-indés, les nouvelles technologies (enfin ton iphone quoi), assumer son image de fille passionnée de shopping et de chaussures, et s’identifier aux  filles de Sex&The City. (mais celle qui a le gros dressing, pas celle qui baise à tout va).

En gros, il faut être un peu Zooey Deschanel.

Ecarquille les yeux en permanence, agis comme si t'avais 12 ans, mange des cupcakes et tu deviendras toi aussi la femme la plus adulée du moment.

Pour finir, je n’ai pas assez de fringues et j’en achète pas suffisamment. J’ai pas réussi à faire des photos de moi dans des poses lascives, j’ai pas de chat, j’ai pas envie d’arborer un look “geek chic”, les cupcakes ça m’écœure et la dernière fois que j’ai porté une frange, c’était en CE2.

Sinon il parait que les blogs BD aussi ça marche bien. Je vais plutôt apprendre à dessiner.

La mode c'est vraiment accessible à tous.

Les hommes ont appris la botte secrète du Ninja de la montagne Snorflhüg qui leur a permis de devenir des séducteurs aguerris. Ils règneraient en maîtres sur le monde de la drague si les femmes n’avaient pas  répliqué en créant moult notices d’utilisation à leur égard. Ainsi, de nombreux sites et auteurs d’ebooks-coaching (en général des scientifiques très pertinents dans leur approche, évidemment) se sont penchés sur la question. Quelques extraits, en vrac.

Premier conseil, mesdemoiselles : soyez gracieuses et distinguées.

Si les hommes peuvent aborder une femme en allant directement droit au but, les femmes doivent par contre marcher sur des pattes de velours et draguer avec tactique, délicatesse et subtilité au risque de tomber dans la vulgarité. Ce n’est pas sorcier, il faut simplement savoir comment les hommes pensent et prévenir leur réaction.

C’est simple les filles. Vous avez le droit de faire des avances à un homme, mais uniquement après avoir lu ses pensées et deviné par télépathie quel genre de conversation il souhaite avoir. Soyez délicates, mais pas trop, subtiles mais pas trop, anticipez, devinez, analysez, comprenez, évaluez, et peut-être, éventuellement, monsieur s’intéressera à vous. Lui par contre, il peut être vulgaire et indélicat, il a le droit. Pas besoin de jouer au mentaliste, il peut foncer vers vous, coller une main sur votre cul, un billet dans le décolleté de manière toute à fait légitime. Soulignons la vision pas du tout réductrice des capacités intellectuelles masculines

Laisse tomber, touche lui les seins plutôt.

 S’il commence à vous dévisager, faites mine de ne rien remarquer. Il ne supportera pas d’être ignoré et fera tout ce qu’il peut pour que vous vous intéressiez à lui. Regardez alors un autre homme que lui, intéressez-vous à la conversation d’un autre, discutez avec un autre… le défi, toujours le mot qui le motive. De plus, il pensera que c’est lui qui a pris l’initiative pour vous draguer.

… Ou alors il va aller voir ailleurs. Les gens avec un égo digne de ce nom n’apprécient généralement pas d’être ignorés. De plus, un homme qui s’acharne à vouloir séduire une femme qui va clairement voir ailleurs peut avoir l’impression de sombrer dans le harcèlement. “Fuis moi je te suis” dans la réalité, ça donne plutôt  “Suis moi et je fais une main courante”.

Soyez mystérieuse et naturelle.

C’est vrai que c’est naturel d’être mystérieux. En résumé, baladez-vous emmitouflée dans une grande cape noire avec un petit masque sur les yeux, mais sans maquillage.

Il faut néanmoins recourir à quelques astuces. Parlez le même langage que lui : attentif, imaginatif, réaliste, blagueur, rêveur, direct, romantique…. Adoptez ses mouvements et refaites les mêmes gestes que lui…

Tout à fait. Et habillez-vous, coiffez-vous comme lui. Avec un peu de chance, il vous emmènera dans son lit et il aura la merveilleuse impression de coucher avec lui même. C’est une technique imparable, tous les hommes rêvent secrètement de celle qui fera chavirer leur cœur en jouant les miroirs. Personnellement, je vais jusqu’à me laisser pousser la barbe comme celui que je veux me taper, c’est très efficace d’avoir des points communs.

En voilà une qui a tout compris

Il n’est pas toujours aussi « lourd » qu’il ne le paraît, car il a besoin de paraître viril, ne l’oubliez pas, même si cela souvent lui pèse

Ce qui est marrant avec les guides écrits par des spécialistes de la séduction, c’est qu’ils ne sont jamais dégradants, ni insultants. Car oui, l’homme est lourd, beauf, grotesque, vulgaire, bas, dégueulasse en gros MAIS ! Soyez indulgentes, c’est la société qui lui demande de faire du tuning et de regarder le foot en marcel, la canette de bière à la main et l’autre dans le slip kangourou. Tout au fond de lui même,  c’est un petit animal faible et touchant qui préfèrerait mater le patinage artistique en buvant une tisane pleine du fleurs. Qui l’eut cru.

Il est évident à présent que Jean-Robert aime la littérature yougoslave, la poésie romantique et les bébés pandas.

N’essayez pas forcément d’être une fille parfaite car une fille parfaite est ennuyeuse pour un homme, et les filles parfaites n’attirent pas les hommes. En effet, quand une fille est trop parfaite, parle trop d’elle, de sa beauté, de son maquillage, ses millions de copains qu’elle a eu, elle n’apparait pas comme une fille intéressante et attirante (…).

Intéressant. Non non, vraiment. Les sexo-spécialisto-coachologues de la séduction nous donnent ici une définition presque trop flatteuse de la femme parfaite. J’ai donc été ouvrir le Larousse (oui, un dictionnaire, objet pourtant disparu en même temps que les VHS et les gameboy color) pour y trouver la définition du mot “parfait” : Qui a toutes les qualités qu’on attend de lui.

Pour résumer, ce qu’on attend d’une femme dans l’idéal, c’est qu’elle monopolise la conversation de manière absolument nombriliste et superficielle (car oui, si vous suivez, ce sont des qualités pour une femme).  Vous devez, pour être parfaite être capable de tenir des heures de discussions intenses sur la couleur de votre vernis, le galbe de vos cuisses, et sur la distance approximative des kilomètres de bites par lesquelles vous êtes passées. C’est loin d’être poétique, mais le romantisme ne semble pas faire partie de la panoplie de la femme trop parfaite. De toute façon, aussi surprenant que cela puisse paraitre, le guide nous explique que les hommes préfèrent les filles pleines de vices et de défauts, qui ont d’autres préoccupation que les soldes chez séphora ou que de tenir à jour leur classement excel des meilleurs coups qu’elles ont eu.

Adoptez la Lady attitude et respectez la tradition. En gros : ne bougez pas. Si un homme vous plaît et si vous souhaitez faire plus ample connaissance, laissez-le venir à vous. La plupart d’entre eux n’apprécient pas que les femmes inversent les rôles.

Et donc, en suivant cette logique, préparez-lui à manger et faites sa lessive. Chacun son rôle.

Restez assise dans un coin, essayez par télépathie de contacter l’homme qui vous intéresse et attirez-le par la seule force de votre esprit. Car oui, on le sait toutes, les hommes qui nous plaisent viennent naturellement nous voir pour faire connaissance, sans même que nous ayons à lever nos fesses. C’est la moindre des choses.

Et oui, 5 heures après la fin de la soirée, Brigitte attend toujours que Gérard vienne lui offrir un verre. Le coaching séduction, ça marche.

Et parce que l’intellect des protagonistes dans ce type de conseil-séduction est mis en avant :

Un exemple, dans les rayons d’une boutique de musique : « C’est quoi la différence entre un ipod 20 ou 80 gigas ?». L’homme est programmé pour rendre service, en plus si vous le lancez sur un sujet technique, il en a pour des heures à vous en parler.

Je. suis. Fan. Non, mais sérieusement. Bon je reviendrais pas sur le fait que dans une boutique de musique, on achète des instruments, des disques, accessoires (…) plus que des lecteurs mp3, ** mais le questionnement est intéressant. Là, l’homme, affublé du gène serviable, attiré plus que tout par les demoiselles en détresse technique sera forcément séduit. Et là, il passera DES HEURES (minimim) à vous expliquer sa réponse, jusqu’à ce que l’idiote comprenne enfin les différences de capacités de stockage, il lui faudra bien ça.

En résumé. Si vous voulez séduire un homme, rappelez-vous ceci : Soyez naturelle mais imitez tout ce qu’il fait. N’oubliez pas que c’est forcément un gros beauf qui aime sûrement les chatons au fond de lui. Prenez-vous la tête, ignorez-le, attendez qu’il vienne vous voir ou posez lui des questions qui vous feront passer pour une inculte profonde.

** oui, c’est une interprétation personnelle. Mais après, si vous voulez la Fnac ça compte, allez.

Mes yeux sont violemment attaqués cette semaine par l’incalculable nombre de mentions sur la sortie d’un énième film de Twilight. Mais si, vous savez, cette saga pour ados biactol qui parle d’un vampire ténébreux amoureux d’une humaine. Bref, du jamais vu, ce n’est absolument pas le thème récurrent de la quasi-totalité des réalisations sur les buveurs de sang. Seulement ici, la particularité de ce film est d’avoir un public de fans encore plus terrifiant que tous les méchants de l’histoire réunis, même nus.

Robert Pattinson a préféré s'enfoncer un pieux dans le cœur plutôt que de répondre à l'invitation de Josette.

Je vous épargnes les critiques faciles et méchantes sur Twilight, vous en trouverez un peu partout sur le net, toutes plus viles et délicieuses les unes que les autres. Je m’intéresse plutôt à cet espèce de lobby  “vampire is the new sexy”, qui conditionne les adolescentes à former leur image d’homme idéal sur la base de morts-vivants et autres cadavres imaginaires.

Les cougars c'est plus ce que c'était

Petite leçon de culture,- une fois n’est pas coutume – pour mieux comprendre ce fantasme du vampire. La plupart des définitions à travers l’histoire et le monde s’accordent sur deux de ses caractéristiques essentielles : il est mort et il suce du sang. Évidemment, ces conditions sont non-substituables et s’appliquent à des êtres plus ou moins humaniformes . Écraser d’un coup de savate un moustique sur le plafond ne fera jamais de lui un monstre de la nuit,  mais juste une tache dégueulasse sur la peinture. De même, réaliser une transfusion sur un cadavre est un acte morbide, probablement illégal et impliquant une santé mentale franchement douteuse.

Bref. Le vampire est donc un humain décédé, dont le corps ne se décompose pas. Forcément. Edward Cullen tout vert, poisseux, et hébergeant des colonies d’insectes dans ses orbites, ça a nettement moins la côte au lycée. Au passage, je souligne le côté purement et simplement nécrophile des jeunes filles en fleur fantasmant sur lui. C’est pas joli-joli, l’adolescence.
Il peut, selon certaines cultures et croyances, se changer en animal plus ou moins glamour : chauve-souris, serpents, papillons, hiboux, chats, voir cochons chez les Serbes, parait-il.

Bizarrement ça impressionne tout de suite beaucoup moins..

Sa deuxième caractéristique est donc de sucer le sang, généralement d’une victime du sexe opposé (sauf dans entretien avec un vampire et autres classiques gay-friendly du genre), souvent après avoir sexuellement joué avec. Pour en arriver à baiser puis mordre quelqu’un, il faut donc avoir une apparence relativement séduisante, ou beaucoup de GHB. Le vampire est donc rarement gros, moche, puant, et s’il n’aime pas l’ail, c’est parce que ça le fait sentir mauvais de la bouche et qu’il a du mal à emballer après. De la même manière, personne ne verra jamais Angel, Dracula, Nosferatu ou Bill Compton se taper une tartine roquefort-maroille, faire de l’aérophagie ou avoir la gueule de bois. Et oui, les vampires représentent tout ce que l’homme moderne ne sera jamais : une créature sexy et ténébreuse qui n’en a rien à foutre de la bière, du foot à la télé, qui ne grossit pas, ne pète pas, ne rote pas et dont l’haleine est censée être irréprochable. Dans sa version féminine, le vampire serait une créature fine, sensuelle et érotisante, même le matin au réveil, même après 10 ans de mariage, même après une soirée arrosée.

Patricia n'a visiblement rien compris, elle va mourir de faim.

Au passage, j’aime bien les évidences psychanalytiques de ces croyances vampiriques, qui auraient fait bander Freud dans sa tombe. Franchement, une créature nocturne, bien foutue, qui visite des gens pour les sucer et ingérer un liquide qui provient de leur corps, c’est tellement subtil comme allusion que ça pourrait être un synopsis de porno bas de gamme.

Venons-en au plus intéressant : pour tuer un vampire, en général, il suffit de lui planter un pieux dans le cœur (oui oui, ils aiment qu’on les empale sur des objets longs et durs), de le décapiter ou le brûler, voir les trois. On peut aussi les exposer à la lumière du jour pour qu’ils crament comme un paquet de brindilles, mais les résultats sont plus mitigés. Par exemple, l’adulescente passablement immature qui a “écrit” Twilight a brisé le mythe du vampire sexy et viril en racontant qu’au lieu de se désintégrer au soleil, il se met à briller comme une guirlande à paillettes. Merci pour des années de croyances et de craintes nocturnes, décrédibilisées en quelques secondes.

Et les gens PAYENT pour voir ça.

Mesdemoiselles, arrêtez vos fantasmes malsains, le mythe du vampire est une arnaque. Premièrement, il ne vous baisera pas, le sang ne circulant pas dans son corps, il ne peut maîtriser l’extension de son organe reproductif. Ah ah il a l’air con, Edward Cullen impuissant, hein !
Deuxièmement, s’il n’a rien avalé d’autre que du sang depuis qu’il est mort, il doit malgré tout bien refouler du bec, oui oui, même Brad Pitt. Ensuite, faire un câlin à quelque chose de dur et froid, ça n’est sûrement pas agréable. Tu peux enlacer ton frigo si tu veux t’entrainer, crois moi, c’est tout sauf sensuel. Enfin pour finir, quelqu’un qui se nourrit de sang directement sur des centaines de victimes différentes n’est pas loin de devenir une arme bactériologique, nid de contaminations en tout genre. C’est nettement moins excitant hein.

Jennifer attrape ses lunettes à monture plastifiée gigantesque et se rue dès le réveil sur son Sony Vaio pour consulter ses notifications Facebook. Après quelques clics furtifs d’appréciation de vidéos de chats, elles attrape son Iphone 4S dernière génération. Kevin, encore endormi mais attendri, lui caresse doucement les cheveux.

“T’es vraiment une geekette toi”. Elle répond par un gloussement traditionnellement réservé à la satisfaction d’avoir posé son vernis sans déborder sur les cuticules.

Non. Jennifer est une probablement une connasse, mais pas une geekette.

Jennifer est une vraie geekette, il lui arrive parfois de taper du texte avec trois doigts à la fois. Hi hi hi.

Quelques années auparavant, appartenir à la catégorie des geeks/nerds/otaku n’était absolument pas un gage de qualité quelconque. On parlait en général d’une classe d’individus pathétiques, souvent gras, boutonneux, myopes et puceaux, fans de mangas pornographiques adolescents et de matériel informatique. Autrement dit, ça n’avait rien de glorieux et en général le monde de la mode et du skyblog n’y puisait aucune inspiration.

Dans les séries américaines lycéennes, qui sont, rappelons-le, une source inépuisable de références absolument pas stéréotypées, le geek fait habituellement partie du club d’échecs, de maths, ou de physique quantique. Car oui, le geek porte des lunettes autour de son acné, signe typiquement distinctif d’un quotient intellectuel à 6 chiffres. A défaut donc de pouvoir jouir de relations sociales, amoureuses, sexuelles pleinement satisfaisantes (ou simplement existantes IRL), il peut profiter seul chez lui de ses talent cérébraux en résolvant une équation à douze inconnues ou en travaillant sa coordination main-organe génital.

Jean Gilbert n'a jamais mis son tournevis dans une autre unité centrale, et ne comprend probablement pas cette référence.

Un beau jour,  on découvrit que l’injustice génétique n’avait aucune limite morale. C’est ainsi qu’est apparu le penchant féminin de ces abominables créatures de la nuit numérique. Évidemment, elles sont aussi désirables et raffinées que leurs homologues masculins, si bien que l’idée d’une copulation reste impossible, même entre eux. C’est dire.

Le grand public a donc fait la connaissance de ces jeunes filles, pas très en fleur, dont les passe-temps sont en général constitués de chips, jeux de rôles, fantasmes malsains et cosplays indécents.

Ah, le cosplay, cet art délicat du déguisement où, pour un certain nombre de ces candidats au ridicule, l’on trouve des clones de Valérie Damidot en train de se balader librement, la cellulite comprimée dans la lingerie de Clara Morgane. En général, le tout accompagné d’une épée géante où d’un autre ersatz d’arme en carton arboré fièrement pour ressembler à un personnage de dessin animé.

Depuis que la princesse Peach a mangé Bowser, tout le royaume est en paix.

Peu à peu, le tout-numérique s’est emparé de nos foyers et cours d’école, et même Brenda, Kevin, Théo ou Léa ont du apprendre à utiliser leur ordinateur pour s’adapter à la survie de l’espèce.  Avoir des amis virtuels n’est plus l’apanage des geeks et autres solitaires online, mais un véritable atout sur les réseaux sociaux. Passer des heures sur son ordinateur n’est plus considéré comme un défaut éliminatoire à la vie en communauté branchée mais comme une banalité à la portée de tous.

On avait darkitty-yuki26, qui passe des heures à monter le niveau de son Elf de la Nuit sur un jeu en ligne, qui discute sur IRC avec d’autres paumées virtuelles à travers le monde et qui a programmé l’intégralité de son blog personnel en javascript. Maintenant on a Jennifer, gameuse qui cueille ses plantations farmville tous les matins, qui discute en langage orthographicide sur le chat de Facebook, et qui s’est créé un espace personnel à son effigie en trois clics.

"Chers lecteurs de blog, je suis trop une geekette, je joue aux schtroumpfs sur mon iphone et j'ai acheté un disque dur externe en forme d'Hello Kitty"

Le terme Geekette est apparu. Rajouter “ette” derrière un mot tel qu’il soit, ça donne un côté mignon et girly, et une envie irrésistible de partir se rouler dans les nuages avec des petits lapins. Un mot en “ette” ne peut pas être péjoratif : bouclette, pâquerette, minette, dinette..  D’ailleurs si je vous parle de pédophilette ou de contraventionnette, ça énerve tout de suite beaucoup moins.

Seulement voilà, les geeks et geekettes modernes ont perdu toute leur marginalité. Ils inspirent la sympathie, l’intelligence, l’humour, le côté sexy sans toujours le vouloir, et, finalement, représentent un peu tout le monde (et donc personne). Ils ont tout gâché.

Alors non, dans mon grand combat pour préserver le côté repoussant et socialement lacunaire des geeks originaux, je décide que Jennifer n’est pas une geekette, puisque le terme n’existe pas. Les femelles geeks ne sont en rien associables au suffixe “ette”, puisque leur stéréotype est rarement mignon et girly. Voilà, Jennifer est probablement juste une connasse tout à fait traditionnelle.

"On se battra jusqu'au bout pour préserver notre communauté" Le monde de l'internet est entre de bonnes mains.

Pour certains marginaux des relations humaines, les femmes constituent un mystère inexplicable que l’on ne peut aborder sans avoir fait auparavant l’expérience des plus grands pékin express en passant des mois à faire le grand écart sur un petit poteau ou à méditer sous une cascade gelée. De là, un sage vieil homme, sans doute plusieurs fois centenaire vous livrera quelques énigmes bien ardues afin de vous faire comprendre que la tâche est bien loin de s’achever.

Enfin, lorsque, le corps recouvert de cicatrices, le muscle saillant et l’art du Yogi maîtrisé vous sentirez la puissance de votre cosmos, c’est que vous serez prêt. Vous voilà, beau, grand ,fort, viril, l’oeil aiguisé et le sourire en coin, sur le point d’affronter la gente féminine, avec un but rêvé de coït à plus ou moins long terme.

Pour les gros flemmards ou ceux qui n’ont pas envie de passer des années de leur vie à jouer au Shaolin, il existe quelques guides sur le net qui vous indiqueront comment forniquer facilement en décryptant la femme humaine. Le guide pour pécho des meufs est la parfaite illustration qu’avec un peu de mauvaise foi et beaucoup de stéréotypes on peut convaincre une femme d’ouvrir ses cuisses.

Jean-Mimi attend avec impatience la version "pécho des meufs prépubères" du guide.

Décortiquons cette petite perle de littérature et de psychosociologie féminine, devant laquelle je ne peux que m’incliner. Certes, malgré ma potentielle génétique XX, j’ai bien compris le second degré du texte, mais je préfère l’aborder comme un de ces énièmes coaching séduction visant à faire de l’attrape-femelle un loisirs accessible à tous. Au passage, les gens qui ont besoin d’un guide pour entretenir des relations humaines (plus ou moins sexuelles d’ailleurs) devraient plutôt se tourner vers les conseils d’un professionnel de santé que ceux d’un quelconque Kevin-Théo-Jerem.

Kevin et ses copains, coaching séduction génération MTV

On ne sort jamais une fille au resto avant de l’avoir baisée au moins une fois

Et oui, les femmes, c’est comme les teckels, il faut les sortir de temps en temps pour éviter qu’elles pourrissent ou qu’elles ne fassent pipi dans leur panier. Elles aiment que les virils séducteurs les nourrissent à heure fixe et dans des endroit où généralement on ne ramasse pas de la viande sur une broche pour la foutre dans un bout de pain. Alors pour mériter la balade en lieu public, il faut, Madame, s’allonger au moins une fois, surtout si Monsieur se charge de la note. Attendez. Baiser, puis payer. C’est marrant, ça pourrait inspirer un métier.

Patricia a pris cher hier soir, elle a gagné le droit de se restaurer en public.

Montrer que tu t’en fous qu’elle ne te kiffe pas, ça fonctionne bien en général pour qu’elle revienne.

Ou alors ça nous arrange. Si, si, vous savez, ce mec lourd et ringard qui a passé la soirée a vous faire inhaler un mélange de blagues “grosses têtes” et de fumet Jack Daniels. Il a votre numéro, sans trop qu’on se rappelle comment et il compte bien sans servir. Alors, si avec un peu de chance il se montre totalement désinvolte, c’est une véritable occasion d’éviter une discussion embarrassante et pénible où il faudra lui expliquer que non, jamais, vraiment pas, aucune chance de se revoir. Et petit cours de psycho-français LV1, pour beaucoup de gens :  désintéressé = pas intéressé. L’idée du beau gosse nonchalant qui attend que son air jem’enfoutiste attire des nuées féminines entières, c’est dans les films. Quand on a un minimum de fierté, on ne court pas après quelqu’un qui s’en fout.

 

Il faut te préparer un petit kit. Avec de l’anti-flatulent—la montée d’adrénaline que te procure un premier rencard a des effets curieux et foudroyants sur les intestins. Prévois des allumettes (pour masquer l’odeur si jamais tu pètes), de la coke (on en reparle), du Viagra (on y revient), de la Ritaline (plus tard), et deux capotes.

Forcément, les femmes n’ont jamais d’air qui se glisse dans leur système digestif, et ne pouvant donc ni roter, ni péter, elles sont dégoutées par toute créature ignoble qui s’abaisserait à tant d’immondes reflux gastriques. Baiser ou flatuler, il faut choisir. Et c’est de toute évidence nettement plus discret de laisser derrière soi une odeur de souffre brûlé et une petite fumée d’allumettes. Celui qui sort de mes toilettes en ayant fait cramé l’équivalent d’une demi-forêt amazonienne a l’air personnellement beaucoup plus louche au niveau intestinal que celui qui lâche une caisse discrètement, comme toute personne normalement constituée. Et encore, je n’évoque pas du tout les doses médicamenteuses ou de substances vaguement illégales que ce type range dans son sac. Si tu veux baiser, emmène le kit “spécial Patrice Allègre”  N’oublie pas non plus un rouleau de scotch épais, une petite dose de Rohypnol, des cordages solides, quelques sacs poubelles, un coffre bien large et un set laguiole suffisamment aiguisé. Succès Garanti !

C'est parfait ! J'espère que Jean-Martin n'a pas oublié son Viagra.

Parfois, ça vaut la peine de risquer une MST. En plus, si elle est vraiment réfractaire au sexe sans capote, vous pouvez toujours vous en tenir au buccal,

 

De tout le guide, c’est le conseil le plus avisé. Que vaut des années de galères médicales et une mort prématurée face à un probable rapport de quelques minutes ? Le choix est vite fait. Et si cette petite emmerdeuse (n’ayant pas peur des mots) continue à vouloir privilégier sa santé et sa vie future au coït avec vous, frappez là un grand coup sec avec un objet contondant (ou pointu à la limite, débrouillez-vous).  Au pire des cas, si l’assommer ne suffit pas vous pouvez toujours la convaincre (et c’est là que votre Kit prend toute son importance) à vous sucer sans capote, parce que hein, c’est pas comme avec le kiki donc forcément c’est pas risqué. Sauf que la pipe non protégée constitue environ 10% des contaminations VIH. Et oui, peu importe où vous nous la mettez messieurs, une pénétration reste une pénétration (et inversement).

On te l’a déjà dit un milliard de fois: si tu parles pas, tu baises pas. Tu dois la saouler de mots à partir du moment où tu la rencontres jusqu’au moment où tu l’as à poil dans ton lit.

Passer la soirée avec un homme qui semble s’arracher un des organes à chaque fois qu’il constitue une phrase de plus de cinq mots, c’est franchement pénible. A l’inverse, se retrouver face à un flot incessant de paroles inintéressantes d’un type qui vous raconte sa vie, c’est pire. Rappelez-vous de ceci : on a toutes un tas de copines chiantes qui nous prennent  la tête pendant des heures à déblatérer sur du néant verbal, alors remettre le couvert le soir, non merci; surtout si on est un peu bourrées et si on ne pense pas nécessairement vous revoir le lendemain. Votre avis sur le dernier burger ou sur la couleur du pull de Charlie, on s’en fout.  Au passage, trois techniques pour faire taire un homme trop volubile : S’enfuir en courant, coucher avec (et dans ce cas viceland est on ne peut plus pertinent sur ce point), ou lui enfoncer un de nos talons dans le fond de la gorge. Préférant éviter généralement de fréquenter les assises, je préconise la fuite ou le sexe. Méfiez vous, l’un n’empêche pas l’autre.

Bah tu vois, c'est mieux quand tu la fermes.

Si t’as pas niqué depuis plus de, disons, deux mois, va te taper une grosse. Tu dois relancer la machine, et baiser une fille moche est le meilleur moyen d’y arriver.

L’amalgame moche-grosse est ici tellement intéressant qu’il me parait inutile de le détailler. J’éviterai les commentaires insultant le potentiellement probable physique des rédacteurs parce qu’on peut évidemment être sarcastique et canon. (d’ailleurs, moi même, je….) Ceci dit, c’est tout de même une phrase rudement difficile à ingérer lorsqu’on a un service trois pièces dans le boxer ; en gros oui, jeune homme, si tu n’as pas baisé depuis huit semaines consécutives, te voilà tout rouillé. Sauras tu encore utiliser ton viril attribut ? Est-ce que ton fidèle compagnon sera de nouveau au garde à vous ? Que de questions en suspens, il te faut rapidement un immonde prix de laideur pour rééduquer tes outils.
Tu pars donc du principe qu’une femme moche ou grosse est plus aisé à coller dans son lit,” manquerait plus qu’elles soient difficiles, faut pas déconner non plus”.
Je préfère que tu te rendes compte de la dure réalité par toi-même.

Quand tu la vois, tu fais: «Putain, je viens de me rappeler un truc. J’ai rêvé de toi cette nuit».

“Et zyva ton daron c’est un jchais pasquoi voleur quoi il t’a mis les étoiles du ciel dans les yeux wesh meuf. Vas y, c’est quoi déjà le num du texto qui t’envoie des sms pour pécho les gaidji?”
Cours, jeune fille, cours, aussi loin que tes pompes qui te font mal aux pieds te le permettent.

La pression est à son maximum. Tu dois être dur comme du bois. Tu dois durer longtemps. Et tu dois l’impressionner. À part le mélange coke et Viagra, tu n’auras le potentiel d’un black que si tu prends de la Ritaline. Ça fait de ta bite une matraque

Au bout de 42 minutes de va et vient, Brigitte commence à se dire qu’elle va finir par prendre feu. Il se retient, il est probablement au bord de l’explosion testiculaire et elle ne veut vraiment pas savoir les images mentales qu’il se projette dans le crâne pour lui passer l’envie de jouir. Cela fait un bon quart d’heure que Brigitte lui lance des messages plus ou moins subliminaux le suppliant presque d’en finir, parce que non, un mec qui s’acharne trop longtemps n’impressionne personne, il a juste l’air complètement perdu. En même temps, avec toutes les substances qu’il a dans le sang, ce n’est pas vraiment certain qu’il aie conscience qu’elle soit encore là. Un rapport, c’est censé être sensuel, pas Olympique. Et on a pas envie de se taper trois jours de courbatures parce que Monsieur compense son manque de dextérité par une timing totalement inadapté. Et puis franchement, un mec qui fantasme sur les matraques, ça fait un peu village people.

Certains hommes aiment beaucoup jouer avec des matraques.

En bonus de cet excellent guide du routard, on a un descriptif absolument pas stéréotypé ni dévalorisant des femmes selon leurs ethnies.
Elles (nb : les étrangères) sont donc moins superficielles et moins prêtes à porter des jugements que les biatches blanches. (…) Ça fait tellement longtemps qu’elles (nb : les asiatiques)  se frittent avec leur père au sujet de l’intégration qu’elles sont devenues blanches rien que pour l’énerver (…) Si tu arrives à survivre à tout ça et à la (nb : fille noire) ramener chez toi, le fait que ta bite fasse moins de 25 cm et que tu tiennes moins de 20 minutes ne va pas arranger l’affaire. (…) Sans une demi-douzaine de kir, ça va te prendre des heures et des heures avant d’arriver à quelque chose (à propos des filles qui ne boivent pas). (…)Mais, pourquoi tu veux absolument te taper une 10 (nb : fille canon) ? Elles sont tellement superficielles et stupides que tu vas forcément t’emmerder grave.

 

En résumé Monsieur, si tu veux baiser, il faut que tu fasses boire une fille. Beaucoup. Puis tu avales ou inhales toutes sortes de substances, tel le garde-manger post-mortem d’Amy Winehouse. Une fois que mademoiselle perd en capacité de discernement, il est temps de passer à l’acte. Préfère les grosses, les moches, les filles d’origine étrangère parce que c’est plus facile, mais évite absolument les prix de beauté qui sont probablement des imbéciles frigides et incompétentes. (En même temps, t’es censé juste vouloir les baiser, pas leur faire corriger ton mémoire) De toute façon c’est bien connu, aucune taille 36 n’est jamais rentrée à sciences-po.
Une fois qu’elle est, déchirée, dans ton lit, assomme la chimiquement, verbalement, physiquement, ou les trois et prends là pendant environ, toute la durée du Seigneur des Anneaux en version Longue. A la limite, laisse-la s’endormir, au moins elle ne plombera pas ta performance. Si tu craques avant, tu n’es alors qu’une pauvre loque ridicule qui sera condamnée à l’abstinence temporaire pour cause d’incapacité organique.
Ou alors tu peux mener tes relations de manière tout à fait naturelle et éviter de planquer ton manque de confiance en toi derrière huit kilos de produits pharmacologiques. Tu baiseras tout autant, voir plus, et tu pourras même gagner quelques années d’espérance de vie.
Mais certes,  ça ne sera jamais aussi décalé et amusant à lire que des conseils en séduction.
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