Pour certains marginaux des relations humaines, les femmes constituent un mystère inexplicable que l’on ne peut aborder sans avoir fait auparavant l’expérience des plus grands pékin express en passant des mois à faire le grand écart sur un petit poteau ou à méditer sous une cascade gelée. De là, un sage vieil homme, sans doute plusieurs fois centenaire vous livrera quelques énigmes bien ardues afin de vous faire comprendre que la tâche est bien loin de s’achever.
Enfin, lorsque, le corps recouvert de cicatrices, le muscle saillant et l’art du Yogi maîtrisé vous sentirez la puissance de votre cosmos, c’est que vous serez prêt. Vous voilà, beau, grand ,fort, viril, l’oeil aiguisé et le sourire en coin, sur le point d’affronter la gente féminine, avec un but rêvé de coït à plus ou moins long terme.
Pour les gros flemmards ou ceux qui n’ont pas envie de passer des années de leur vie à jouer au Shaolin, il existe quelques guides sur le net qui vous indiqueront comment forniquer facilement en décryptant la femme humaine. Le guide pour pécho des meufs est la parfaite illustration qu’avec un peu de mauvaise foi et beaucoup de stéréotypes on peut convaincre une femme d’ouvrir ses cuisses.

Jean-Mimi attend avec impatience la version "pécho des meufs prépubères" du guide.
Décortiquons cette petite perle de littérature et de psychosociologie féminine, devant laquelle je ne peux que m’incliner. Certes, malgré ma potentielle génétique XX, j’ai bien compris le second degré du texte, mais je préfère l’aborder comme un de ces énièmes coaching séduction visant à faire de l’attrape-femelle un loisirs accessible à tous. Au passage, les gens qui ont besoin d’un guide pour entretenir des relations humaines (plus ou moins sexuelles d’ailleurs) devraient plutôt se tourner vers les conseils d’un professionnel de santé que ceux d’un quelconque Kevin-Théo-Jerem.

Kevin et ses copains, coaching séduction génération MTV
On ne sort jamais une fille au resto avant de l’avoir baisée au moins une fois
Et oui, les femmes, c’est comme les teckels, il faut les sortir de temps en temps pour éviter qu’elles pourrissent ou qu’elles ne fassent pipi dans leur panier. Elles aiment que les virils séducteurs les nourrissent à heure fixe et dans des endroit où généralement on ne ramasse pas de la viande sur une broche pour la foutre dans un bout de pain. Alors pour mériter la balade en lieu public, il faut, Madame, s’allonger au moins une fois, surtout si Monsieur se charge de la note. Attendez. Baiser, puis payer. C’est marrant, ça pourrait inspirer un métier.

Patricia a pris cher hier soir, elle a gagné le droit de se restaurer en public.
Montrer que tu t’en fous qu’elle ne te kiffe pas, ça fonctionne bien en général pour qu’elle revienne.
Ou alors ça nous arrange. Si, si, vous savez, ce mec lourd et ringard qui a passé la soirée a vous faire inhaler un mélange de blagues “grosses têtes” et de fumet Jack Daniels. Il a votre numéro, sans trop qu’on se rappelle comment et il compte bien sans servir. Alors, si avec un peu de chance il se montre totalement désinvolte, c’est une véritable occasion d’éviter une discussion embarrassante et pénible où il faudra lui expliquer que non, jamais, vraiment pas, aucune chance de se revoir. Et petit cours de psycho-français LV1, pour beaucoup de gens : désintéressé = pas intéressé. L’idée du beau gosse nonchalant qui attend que son air jem’enfoutiste attire des nuées féminines entières, c’est dans les films. Quand on a un minimum de fierté, on ne court pas après quelqu’un qui s’en fout.
Il faut te préparer un petit kit. Avec de l’anti-flatulent—la montée d’adrénaline que te procure un premier rencard a des effets curieux et foudroyants sur les intestins. Prévois des allumettes (pour masquer l’odeur si jamais tu pètes), de la coke (on en reparle), du Viagra (on y revient), de la Ritaline (plus tard), et deux capotes.
Forcément, les femmes n’ont jamais d’air qui se glisse dans leur système digestif, et ne pouvant donc ni roter, ni péter, elles sont dégoutées par toute créature ignoble qui s’abaisserait à tant d’immondes reflux gastriques. Baiser ou flatuler, il faut choisir. Et c’est de toute évidence nettement plus discret de laisser derrière soi une odeur de souffre brûlé et une petite fumée d’allumettes. Celui qui sort de mes toilettes en ayant fait cramé l’équivalent d’une demi-forêt amazonienne a l’air personnellement beaucoup plus louche au niveau intestinal que celui qui lâche une caisse discrètement, comme toute personne normalement constituée. Et encore, je n’évoque pas du tout les doses médicamenteuses ou de substances vaguement illégales que ce type range dans son sac. Si tu veux baiser, emmène le kit “spécial Patrice Allègre” N’oublie pas non plus un rouleau de scotch épais, une petite dose de Rohypnol, des cordages solides, quelques sacs poubelles, un coffre bien large et un set laguiole suffisamment aiguisé. Succès Garanti !

C'est parfait ! J'espère que Jean-Martin n'a pas oublié son Viagra.
Parfois, ça vaut la peine de risquer une MST. En plus, si elle est vraiment réfractaire au sexe sans capote, vous pouvez toujours vous en tenir au buccal,
De tout le guide, c’est le conseil le plus avisé. Que vaut des années de galères médicales et une mort prématurée face à un probable rapport de quelques minutes ? Le choix est vite fait. Et si cette petite emmerdeuse (n’ayant pas peur des mots) continue à vouloir privilégier sa santé et sa vie future au coït avec vous, frappez là un grand coup sec avec un objet contondant (ou pointu à la limite, débrouillez-vous). Au pire des cas, si l’assommer ne suffit pas vous pouvez toujours la convaincre (et c’est là que votre Kit prend toute son importance) à vous sucer sans capote, parce que hein, c’est pas comme avec le kiki donc forcément c’est pas risqué. Sauf que la pipe non protégée constitue environ 10% des contaminations VIH. Et oui, peu importe où vous nous la mettez messieurs, une pénétration reste une pénétration (et inversement).
On te l’a déjà dit un milliard de fois: si tu parles pas, tu baises pas. Tu dois la saouler de mots à partir du moment où tu la rencontres jusqu’au moment où tu l’as à poil dans ton lit.
Passer la soirée avec un homme qui semble s’arracher un des organes à chaque fois qu’il constitue une phrase de plus de cinq mots, c’est franchement pénible. A l’inverse, se retrouver face à un flot incessant de paroles inintéressantes d’un type qui vous raconte sa vie, c’est pire. Rappelez-vous de ceci : on a toutes un tas de copines chiantes qui nous prennent la tête pendant des heures à déblatérer sur du néant verbal, alors remettre le couvert le soir, non merci; surtout si on est un peu bourrées et si on ne pense pas nécessairement vous revoir le lendemain. Votre avis sur le dernier burger ou sur la couleur du pull de Charlie, on s’en fout. Au passage, trois techniques pour faire taire un homme trop volubile : S’enfuir en courant, coucher avec (et dans ce cas viceland est on ne peut plus pertinent sur ce point), ou lui enfoncer un de nos talons dans le fond de la gorge. Préférant éviter généralement de fréquenter les assises, je préconise la fuite ou le sexe. Méfiez vous, l’un n’empêche pas l’autre.

Bah tu vois, c'est mieux quand tu la fermes.
Si t’as pas niqué depuis plus de, disons, deux mois, va te taper une grosse. Tu dois relancer la machine, et baiser une fille moche est le meilleur moyen d’y arriver.
L’amalgame moche-grosse est ici tellement intéressant qu’il me parait inutile de le détailler. J’éviterai les commentaires insultant le potentiellement probable physique des rédacteurs parce qu’on peut évidemment être sarcastique et canon. (d’ailleurs, moi même, je….) Ceci dit, c’est tout de même une phrase rudement difficile à ingérer lorsqu’on a un service trois pièces dans le boxer ; en gros oui, jeune homme, si tu n’as pas baisé depuis huit semaines consécutives, te voilà tout rouillé. Sauras tu encore utiliser ton viril attribut ? Est-ce que ton fidèle compagnon sera de nouveau au garde à vous ? Que de questions en suspens, il te faut rapidement un immonde prix de laideur pour rééduquer tes outils.
Tu pars donc du principe qu’une femme moche ou grosse est plus aisé à coller dans son lit,” manquerait plus qu’elles soient difficiles, faut pas déconner non plus”.
Je préfère que tu te rendes compte de la dure réalité par toi-même.
Quand tu la vois, tu fais: «Putain, je viens de me rappeler un truc. J’ai rêvé de toi cette nuit».
“Et zyva ton daron c’est un jchais pasquoi voleur quoi il t’a mis les étoiles du ciel dans les yeux wesh meuf. Vas y, c’est quoi déjà le num du texto qui t’envoie des sms pour pécho les gaidji?”
Cours, jeune fille, cours, aussi loin que tes pompes qui te font mal aux pieds te le permettent.
La pression est à son maximum. Tu dois être dur comme du bois. Tu dois durer longtemps. Et tu dois l’impressionner. À part le mélange coke et Viagra, tu n’auras le potentiel d’un black que si tu prends de la Ritaline. Ça fait de ta bite une matraque
Au bout de 42 minutes de va et vient, Brigitte commence à se dire qu’elle va finir par prendre feu. Il se retient, il est probablement au bord de l’explosion testiculaire et elle ne veut vraiment pas savoir les images mentales qu’il se projette dans le crâne pour lui passer l’envie de jouir. Cela fait un bon quart d’heure que Brigitte lui lance des messages plus ou moins subliminaux le suppliant presque d’en finir, parce que non, un mec qui s’acharne trop longtemps n’impressionne personne, il a juste l’air complètement perdu. En même temps, avec toutes les substances qu’il a dans le sang, ce n’est pas vraiment certain qu’il aie conscience qu’elle soit encore là. Un rapport, c’est censé être sensuel, pas Olympique. Et on a pas envie de se taper trois jours de courbatures parce que Monsieur compense son manque de dextérité par une timing totalement inadapté. Et puis franchement, un mec qui fantasme sur les matraques, ça fait un peu village people.

Certains hommes aiment beaucoup jouer avec des matraques.
En bonus de cet excellent guide du routard, on a un descriptif absolument pas stéréotypé ni dévalorisant des femmes selon leurs ethnies.
Elles (nb : les étrangères) sont donc moins superficielles et moins prêtes à porter des jugements que les biatches blanches. (…) Ça fait tellement longtemps qu’elles (nb : les asiatiques) se frittent avec leur père au sujet de l’intégration qu’elles sont devenues blanches rien que pour l’énerver (…) Si tu arrives à survivre à tout ça et à la (nb : fille noire) ramener chez toi, le fait que ta bite fasse moins de 25 cm et que tu tiennes moins de 20 minutes ne va pas arranger l’affaire. (…) Sans une demi-douzaine de kir, ça va te prendre des heures et des heures avant d’arriver à quelque chose (à propos des filles qui ne boivent pas). (…)Mais, pourquoi tu veux absolument te taper une 10 (nb : fille canon) ? Elles sont tellement superficielles et stupides que tu vas forcément t’emmerder grave.
En résumé Monsieur, si tu veux baiser, il faut que tu fasses boire une fille. Beaucoup. Puis tu avales ou inhales toutes sortes de substances, tel le garde-manger post-mortem d’Amy Winehouse. Une fois que mademoiselle perd en capacité de discernement, il est temps de passer à l’acte. Préfère les grosses, les moches, les filles d’origine étrangère parce que c’est plus facile, mais évite absolument les prix de beauté qui sont probablement des imbéciles frigides et incompétentes. (En même temps, t’es censé juste vouloir les baiser, pas leur faire corriger ton mémoire) De toute façon c’est bien connu, aucune taille 36 n’est jamais rentrée à sciences-po.
Une fois qu’elle est, déchirée, dans ton lit, assomme la chimiquement, verbalement, physiquement, ou les trois et prends là pendant environ, toute la durée du Seigneur des Anneaux en version Longue. A la limite, laisse-la s’endormir, au moins elle ne plombera pas ta performance. Si tu craques avant, tu n’es alors qu’une pauvre loque ridicule qui sera condamnée à l’abstinence temporaire pour cause d’incapacité organique.
Ou alors tu peux mener tes relations de manière tout à fait naturelle et éviter de planquer ton manque de confiance en toi derrière huit kilos de produits pharmacologiques. Tu baiseras tout autant, voir plus, et tu pourras même gagner quelques années d’espérance de vie.
Mais certes, ça ne sera jamais aussi décalé et amusant à lire que des conseils en séduction.